Programme spécial ska ce soir, ça skarose... Y a tellement de jeux de mots à faire avec "ska", d'ailleurs les groupes français en général se cassent pas trop le fion et le déclinent de toutes les façons imaginables: les Skalaktites, les Skalopars, les Skalopes de Poulet, les Skalachnikov... Un genre que je n'affectionne pas particulièrement (je viens de faire 24% à un test de compatibilité ska sur un forum) mais qui est toujours sympa à voir en live.
Surtout quand en première partie on a P.O.Box. Ils finissent leur premier morceau lorsque je rentre dans la Maroquinerie , après qu'une fille se soit fait retirer son cutter à la fouille des sacs. La salle n'est qu'à moitié pleine mais le groupe envoie du bois comme il sait le faire, trompettes et gouttes de sueur dehors. Les morceaux sont plus punks que la plupart des groupes du genre et le résultat sur scène est assez dévastateur. Bizarre qu'il n'y ait ait aucun départ de pogo quand déboulent des petites bombes comme "Death Promise Me Better Place". Le nouveau batteur est de plus en plus à l'aise, le trompettiste occupe l'espace et le chanteur assure vraiment, pour preuve le débit hallucinant qu'il tient tout le long de l'excellente "Lokk What You Have Done". Pas étonnant qu'il soit essouflé à la fin. En tout cas il pourrait tranquillement mettre sa taule à Willy Denzey ou Tony P dans un clash (enfin ça veut rien dire, ma grand-mère sans son dentier pourrait aussi...). Le traditionnel petit medley avec plein de vieux titres rock que tu connais mais dont les noms t'échappent, des titres toujours aussi bons et P.O.Box achève un set qui me conforte dans l'idée qu'ils doivent bien faire partie du top 5 français des meilleurs groupes live. D'ailleurs ils doivent pas être loin de la première place du nombre de live reports sur PunkFiction avec les machines de guerre GxP et Unco.
A peine le set fini je retrouve notre photographe Sabine pour aller interviewer les Mac Caddies. Les gros sont déchirés et affalés sur les canapés, seul Keith Douglas le trompettiste répondra à nos questions sur les marches que je commence à connaître derrière les loges.
Pendant ce temps Pepper a commencé à jouer. Ils sont que trois, mais vraiment doués derrière leurs instruments. Le gratteux notamment envoie des petits solos bien sentis. Ca commence à bien sentir l'herbe illégale, on n'est pas loin de la communauté hippie. Ca danse aux premiers rangs sur les morceaux du groupe d'Hawaï (ça le fait quand même plus classe de dire qu'on vient d'Hawaii que de Marly-Gaumont)) pendant que les mecs torses nus servent leur rock ensoleillé avec un côté Red Hot Chili Peppers devant leur belle banderole. Assez cool finalement.
Le temps de se frayer un chemin au bar qui ne désemplit pas ce soir, de commander et de presque finir la pinte: les Mad Caddies prennent leur temps. Je flippe un peu sur l'énergie que le groupe va pouvoir déployer ce soir, vu leur état dans les loges, mais quand ils rentrent sur scène c'est pas les mêmes : sourires aux lèvres et l'envie d'en découdre, se sont dopés entretemps ou quoi ? Pas impossible, ils reviennent de Hollande et ne fument que de la pure alors... S'ensuivent quelques moment de solitude pour moi : le seul album que j'ai écouté d'eux (et seulement 1 fois et demi), c'est le dernier, "Keep It Going" . Alors quand les anciens titres sont lâchés et que tout le monde se met à chanter et danser... Parce que là c'est quand même la grosse fiesta, tout le monde danse (plus ou moins bien) dans la fosse, on aura rarement vu la Maroquinerie autant à blinde, à part pour les Dropkick Murphys. Les nouveaux titres s'avèrent moins festifs, plus posés, l'occasion pour beaucoup de se rallumer une petite cigarette rigolote.
Le son est bon, les zicos en place, et le chanteur Chuck Robertson a vraiment une super voix. On apprécie surtout le trompettiste et le trombonniste (?) qui se répondent, ces deux-là pourraient jammer pendant des heures. Alors que je suis debout sur les marches au bord de la fosse pour boire tranquille, une fille se met à danser n'importe comment en se servant de mon épaule comme support. Elle s'agite même entre les chansons, j'en conclue qu'elle ne doit pas tourner qu'à l'herbe parce que niveau énergie on est loin du Doc Gynéco... En tout cas bien marrante lorsqu'elle essaye de rentrer dans le bal de la fosse, elle se fait repousser à chaque fois par la valse de skankers.
Sur scène les rythmes punk alternent avec les accalmies reggae, comme sur le nouveau "Today", à l'intro chantée résolument tubesque, avant de partir sur un air qui quand même rappelle énormément le "Fiesta" des Pogues... Ca devient vraiment la fête au village, et quand des anciens titres sont entamés certains retombent dans leur adolescence et accourent pour se déchaîner sur le dancefloor. C'est déjà l'heure du rappel. Un rappel grandiose d'ailleurs, un des meilleurs (toujours après les Dropkick) qu'il m'ait été de voir et surtout d'entendre, avec toute la salle qui chante à l'unisson pour réclamer le retour des Mad Caddies 'on stage'. Quelque chose comme 4 titres seront lâchés, avec en dernier un air vraiment pas loin de celui de la parade de Disneyland... Ed Hernandez, le joueur de trombone, finit dans la fosse avec les gens qui dansent autour de lui, à la cool.
Tout le monde ressort en sueur, avec le sourire, malgré quelques avis négatifs de fans qui se disent un peu déçus. Perso n'étant pas un amateur de ska j'ai quand même passé un bon moment festif, même si la fin m'a semblé un peu longue, mais la skatastrophe que tous ces groupes aient un effet laskatif a été évitée, et ska c'est skacrément cool !
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