Et non, contrairement à ce que vous auriez pu penser, en ce dernier week-end d'avril toute la team de Punkfiction n'est pas partie se faire dorer la pillule au GroezRock. D'ailleurs pourquoi partir jusqu'en Belgique quand on a des concerts juste à côté de chez nous ? Bon d'accord, même si l'affiche de ce soir à de quoi faire envie elle aurait du mal à rivaliser avec celle du festival. Par contre niveau prix c'est vite vu : 2 groupes, 2 euros et de plus dans une salle qui est loin d'être minable vu qu'il s'agit de la même ayant accueilli les Seven Hate pour leur tournée d'adieu.
Direction donc l'azimut au Haut du Lièvre. Pour ceux qui ne le savent pas, le Haut du Lièvre (ou Haut Dul' comme on dit par chez nous) c'est un peu la cité des 4000 de Nancy, notre 9-3 miniature... Bon j'exagère quand même mais c'est pas vraiment le genre d'endroit ou on irait volontiers se balader la nuit. Je prends donc ma meilleur casquette et mon plus beau survet' et... Bon sa suffit! On arrête là les préjugés, ça reviendrait à dire que comme je suis punk je dois avoir une crête verte et un blouson clouté... (bon dans mon cas c'est un mauvais exemple).
Je vous épargnerais ensuite le refrain du « j'ai encore trouvé personne pour m'accompagner » car après on va dire que je fais du remplissage (ce qui est le cas) mais c'est vrai que c'est quand même dingue de pas trouver une foutue personne pour venir à un concert.
Ne sachant pas vraiment à quelle heure débute le concert je me pointe là-bas vers 20h30 et rencontre à l'extérieur, Braddy des Happy Shoesfeethead sous son vrai jour, c'est à dire avec une paire de cornes rouges sur son crânes (ah je le savais!).
A l'intérieur c'est plutôt vide pour ne pas dire carrément désert et je suis de loin dans les premiers arrivants. Je regarde donc les lieux se remplir en attendant le début du show en constatant alors que l'on ne sera pas des masses pour cette première partie à moins que ce ne soit la taille de la salle qui fausse mes impressions.
Arrivée donc des Happy Shoesfeethead et dès les premiers accords j'ai un air de déjà entendu. Il faut dire que la dernière fois que je les ai vus sévir remonte à une semaine. Cela dit, si la tracklist et son ordre semblent être les mêmes, la comparaison s'arrête là. En effet, ce coup-ci la musique est franchement plus propre et nette, fini donc le son saturé et entremêlé duquel on peine à distinguer les différents instruments, et place à une musique qui reflète vraiment le niveau du groupe. Du coup il n'y a plus aucune excuse pour ne pas partir en pogo. Ah bah si, je vous l'avais dit, ce soir n'a rien à voir avec la semaine dernière et ce qui est valable pour le son et pour la superficie des lieux est aussi valable pour le public et l'ambiance. Pas de punks à clous et à crêtes ici donc (à part moi mais ça ne compte pas), donc effectivement on retarde la formation du pogo. Cela aurait pu s'arranger très vite si la taille de la salle n'entraînait pas une dispersion de la « foule ». Ainsi, si la semaine dernière la proximité était de rigueur, ce soir on peut largement prendre ses aises.
Les chances de voir un pit apparaître durant cette première partie diminuent donc aussi vite que le niveau d'un verre de bière dans les mains de notre ami Seb-o-Matic (ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vanné, désolé), d'autant plus que le groupe enchaîne morceau sur morceau et ne marquera une pause que lorsque l'un de ses guitaristes pétera une corde. Déjà le dernier titre, le groupe quitte la scène sous les félicitations du public qui, s'il ne l'a pas manifesté par entrechoquements de membres assaisonnés à grandes doses de sueur, fait savoir sa soif de musique et sa reconnaissance au groupe en cessant les applaudissements qu'après avoir obtenu un rappel. Celui-ci sera bref et prendra la forme d'une reprise de Burning Heads (la même que la semaine dernière). Un dernier morceau qui achève un set ne donnant qu'une envie : celle de recevoir le skeud du groupe dans sa boite aux lettres.
Je fais d'ailleurs un détour par le merch pour pré commander mon exemplaire (5€ le cd plus un badge, allez-y faites-vous plaisir) et remarque par la même occasion la présence de la compil « Split the pit » au milieu des cds des Pios.
Les P.O.Box, puisqu'on en parle, ne mettent pas trop de temps à commencer, prenant tout d'abord le soin de présenter leur nouveau batteur dont c'est le baptême du feu à Nancy. Ceci explique alors la tracklist qui visite quasiment toutes les chansons du dernier album « ...And the lipstick traces » en commençant bien sûr par l'enchaînement « NC » / « Death Promises me a better place ». L'absence de « vieilles » tunes ternit alors un peu le show mais est en partie compensée par la présence de deux nouveaux morceaux pour le moins énergiques qui parachèvent de montrer l'évolution et l'orientation musicale du groupe depuis le ska punk festif et bon enfant des premières années.
Là où les Happy Shoesfeethead assuraient la cadence, les pios eux préfèrent prendre leur temps, ne manquant pas de se vanner entre chaque chanson, ou de vanner leur public, il faut dire qu'il est composé en grande partie par leurs potes ce qui donne au concert un petit air de concert privé entre amis.
Si le pogo n'avait pas envie de pointer le bout de son nez en première partie, il faut très vite se rendre à l'évidence : il doit avoir déserté les lieux. Il s'en suit alors une vision surréaliste puisque le public est quasi statique, préférant se concentrer autour du bar (les premiers rangs ne seront jamais vraiment resserrés, laissant un espace honteux entre la scène et le public). Seuls deux ou trois se laissent entraîner par les rythmes ska avant de sautiller sur les passages plus punk. L'émotion générée par « Make up/ Wake up! » n'y fera rien et pourtant, comme pour Happy Shoesfeethead, le public est heureux et en redemande. Ainsi viendra le rappel avec tout d'abord « Don't waste your time » qui sera la seule chanson non tirée du dernier album (hormis les deux inédites bien sûr) suivie par « Chalk it up » dont les « Stop! » ne seront même pas repris par le public mais par des membres de Happy Shoesfeethead, auxquels Seb laissera son micro.
Je reste alors baigné par un sentiment étrange : musicalement parlant, le show était parfait, les groupes ont assurés, se faisaient plaisir sur scène et pourtant je suis dans l'ensemble déçu par cette soirée. Il faut dire qu'un concert punk sans mouvement ça surprend toujours mais là c'est du gâchis total !
Encore abasourdi, je quitte la salle dans les premiers. Dehors, il y a un énorme sac poubelle perché dans un sapin et que quelqu'un, masqué par les épines, semble tiré vers le haut. Après tout pourquoi pas ? Il y en a bien qui écoutent un concert des P.O.Box comme s'ils écoutaient le cd chez eux...
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