Voilà quasiment un an que les Pios n’avaient pas pointé le bout de leurs cuivres du côté de leur ville natale. Il va alors sans dire que j’attendais ce concert de pied ferme, encore plus après avoir déguster l’album « …and the lipstick traces ».
Direction donc le Hublot en compagnie de mon grand frère, son meilleur pote et la copine de ce dernier. Les deux premiers lascars sont peut-être encore plus impatient que moi, il faut dire qu’ils étaient au lycée avec certains des membres des P.O.Box et des Smoking Monkeys. (Profitons en au passage pour rendre hommage à l’ancien groupe de skatecore Stalefish dans lequel a joué Seb).
Le concert était prévu à huit heures, on se pointe vers huit heure et demi et sommes dans les premiers, et pour cause : le show ne commence qu’à neuf heure (admirez la logique). En attendant le début des hostilités on squatte dehors ce qui me permet de voir défilé un public plutôt hétérogène. Ça commence avec une série de gens assez bien habillés, peut-être d’ailleurs trop pour ce genre de concert, suivent quelques teens déjà bien imbibés continuant à extirper moultes bouteilles de leurs sacs. Le défilé se clôt par un petit groupe déjà moins bien sapé que la moyenne, l’un d’eux à même un mohawk, les rangers et un dossard Crass cousu sur sa veste kaki… bon par contre le mec doit avoir genre 15 ans, sa casse un peu le trip (et ne me dites pas que les Casualties ont eu leurs premiers spikes à cette âge-là). Et le concert dans tout ça ? Et bien justement il va commencer.
A chaque show des Pios auquel j’ai assisté c’était un groupe nancéiens qui assurait la première partie, cette fois-ci on déroge à la règle puisque ce sont les strasbourgeois de Kuru qui sont chargés de nous mettre en jambe. J’entends déjà les parisiens (et autres) me dire que Nancy et Strasbourg (et même l’Allemagne) c’est la même chose. Et bien non ! Le public est donc un peu frileux au début du show, il faut dire que le son est loin d’être optimal (la voix est beaucoup trop en retrait ce qui fait qu’on ne comprend pas la moindre parole et la moitié de ce que le groupe nous raconte). Heureusement il y a comme d’habitude des gens bourrés pour venir pogoter. Les premières chansons passent et je ne suis pas très convaincu mais voilà qu’arrive une petite reprise avec « Material Boy ». Cependant n’est pas Millencolin qui veut et la chanson n’offre pas tout le rendu qu’elle mériterait (on me soufflera un « massacre »). Il semblerait d’ailleurs que le groupe au canari ait influencé quelques titres du groupe, sur le plan musical bien sûr mais aussi au niveau des titres puisqu’une ou plusieurs chansons portent le nom de « Story of my life ». Oui sur ce coup j’ai pas trop compris vu qu’ils en ont trois du même titre…
Si côté public on reste réservé, du côté de la scène par contre les Kuru ne manquent pas d’énergie, entre vannes dignes d’un chroniqueur de punkfiction (du genre « On est les Kuru de Guyane »), invitation du public : « fermez vos gueule » lorsque la parlote se fait trop longue et même descente du chanteur parmi la ‘foule’ pour balader le micro, l’occasion pour nos tiny-punks de lâcher quelques « oï » (pas trop de circonstance mais bon). On restera toujours dans la déconne quand le groupe reprendra notre bon vieux Francis Cabrel et ses ‘cailloux’…
Au final un peu déçu par cette première partie (le reste de la salle ne semble pas comblé non plus) et vais donc me ravitailler au bar. Néanmoins, étant donné qu’il s’agit de la première que j’assiste à un set de Kuru, j’éviterais (pour l’instant) d’en tiré des conclusions hâtives, donc si vous ne les connaissez pas non plus mieux vaut vous faire votre propre opinion. (eh oui je suis diplomate à mes heures perdues).
Le hublot commence enfin à ce remplir, il me tarde de voir une nouvelle fois les Smoking Monkeys et leur punk mélo à l’oeuvre. Le premier morceau est à peine achevé que le bassiste a déjà pété une de ses cordes. Cela dit la pause ne dure pas indéfiniment et le show reprend très vite. Le devant de la scène reste encore relativement désert et le chanteur n’hésitera pas à inviter le public à se rapprocher. Très vite les pogos commencent à ressembler à autre chose qu’une bousculade entre trois potes. Ça y est la salle commence enfin à se réchauffer un peu et le groupe peut enchaîner ses classiques devant un public familier qui participera sur les morceaux les plus calmes comme « Mary Jane » ou les plus énergiques comme « Réveil », titre parlant du 21 avril 2002 et qu’il est bon de ressortir en ces périodes pré-électorales. Les Smoking effectue une petite pause dans l’enchaînement des morceaux, le temps d’offrir un accueil à leur pote Shogun et son violoncelle sur une chanson dont j’ai malheureusement oublié le nom… L’ambiance devient plus intime lorsque les lumières disparaissent pour laisser la place au briquets et autres feux de Bengale distribués par le groupe.
Plus que deux titres à jouer, l’occasion de prendre la température au niveau de la fosse. A ma grande surprise ça rentre comme dans du beurre, il faut dire que la plupart des pogoteurs n’ont plus l’air très frais et si l’on préfère s’éloigner c’est plus par peur qu’ils nous gerbent dessus que celle de prendre des coups. Le set s’achève comme d’habitude par « I Wanna Be Super Mario » sur laquelle les fans s’en donnent à chœur joie et ils ont bien raison…
Cette fois-ci la salle est prête à accueillir comme il se doit les P.O.Box.
Personne ne se fera d’ailleurs prier pour resserrer les rangs au niveau de la fosse dès le début de leur perf. Leur dernier album étant à l’honneur c’est donc logiquement que Seb commence par crier les paroles de « N.C. ». Poings levés sur scène ainsi que dans le public tout le monde se prépare pour l’arrivé de « Death promises me a better place ». Le pogo ce déclenche au moment même où les premiers sons de la guitare se font entendre. Rien à voir avec le pogo précédent, celui-là est beaucoup plus énergique et dur, plus question d’éjecter les personnes alentour, tiraillé de toutes parts on chercher plutôt à maintenir son équilibre... Sans se calmer vraiment, l’intensité baisse tout de même d’un cran sur « Bully » ce qui me donne l’occasion de m’extirper pour faire quelques photos. Deux ou trois titres plus tard, un pote vient me chercher pour retourner dans la fosse. Une offre qui ne se refuse pas mais malheureusement pour nous le pogo n’est plus très fournit à ce moment-là. Ce n’est que partie remise et il ne faut pas attendre bien longtemps pour que le feu se ravive. Cependant les slams s’enchaînant quasiment sans interruption il faut se résigner à calmer un peu le jeu pour récupérer le lot de corps flottant au-dessus de nos têtes, quand ce n’est pas pour éviter tout bonnement de se prendre un pied en plein poire.
Pour ce qui est des morceaux joués ce soir, on aura bien évidemment droit aux derniers en dates mais également à des plus vieux comme « Endless War » ou même les très anciens à l’image de « Don’t waste your time ». Impossible de passer à côté de « Chalk it up » que personne ne refusera, bien au contraire. A mon grand étonnement le public n’est pas très participatif sur cette tune alors que d’habitude les « Stop ! » accompagnés par des vagues de poings étaient de légions.
Comme d’habitude je ne vois pas le temps passer et je me crois encore au début du set quand le groupe annonce qu’il leur reste quatre chansons. La dernière sera logiquement « Make up/Wake up ! » dernière chance pour un bon pogo. Bien entendu le public ne compte pas en rester là et les applaudissements refusent de prendre fin. Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un rappel qui ressemble vraiment à un rappel. En guise de récompense les Pios nous offrent deux titres tirés de « We are all in the gutter… ». On commence ou plutôt on poursuit par l’instrumentale « Education is our weapon » pour finir sur « And i never thought it could happen to me ». Le groupe tout comme le public se donne une nouvelle fois à fond afin de profiter au maximum de ces derniers instants.
Mais voilà que le concert s’achève. Les gens commencent à partir, les P.O.Box rangent leur matos et s’apprêtent à faire de même, la scène, trop sollicitée, part en morceaux et la crête elle, est à plat, ce qui, pour ceux qui ne le savent pas, est synonyme d’un bon show.
http://www.monptidoi.com/nancy/reportages/index.html
http://punkfiction.propagande.org/lire_report.php?id=80
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