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Salut les Pio’s, vous allez bien les filles ?
Pas trop mal si on excepte le fait qu’on vient d’annuler la moitié de notre tournée en Angleterre pour cause d’essieu de remorque brisé, et que notre batteur, Damiano, nous quitte hélas pour d’autres aventures. Et qu’il n’y a plus de fille dans le groupe depuis 3 ans.

Après pas mal d’enregistrements (split Cd’s, compiles, EP’s) vous venez de sortir votre premier album « And the lipstick traces ». Où et comment s’est passé l’enregistrement de celui-ci ?

On a enregistré au Loko Studio, vers Caen, avec Sébastien Langle et Guillaume André, dans un studio qui nous avait un peu fait rêver en terme de son. On a fait ça dans l’ordre, on a commencé il y a 6 ans maintenant, on a enregistré une démo (Fartcore) pour trouver des concerts, puis on a sympathisé avec un groupe et fait un split avec eux (Madskat) parce qu’on les aimaient bien et qu’on partageait les frais sur la production. Ensuite, on a sortie en totale DIY un EP 7 titres, enregistré à la maison. Et là, le grand saut. En gros si on regarde bien, on sort 7 nouvelles chansons par an, car sur le nouvel album, on a remis nos anciens « tubes »…et écrit 7 nouvelles compos. L’enregistrement s’est bien passé, un peu dans la douleur pour certains, à cause du niveau musical, mais la plupart du temps, dans une vraie ambiance de travail et de sérieux. Le seul regret qu’on ait, c’est de ne jamais avoir été tous les 6 sur les lieux du studios (à cause du taffe, des dispos de chacun etc.). On y était par groupe de 2 ou 3, sur 2 semaines entières. Puis on est revenu une semaine pour le mixage et le mastering.

Vous avez eu l’honneur d’avoir Dave Mc Wane (chanteur de Big D And The Kids Table) en guest sur un titre. Comment vous avez eu le contact et comment ça s’est passé avec lui ?
Tous simplement, on avait fait le support band de Big D sur plusieurs date lors d’une de leur tournée européenne, les après-midi, on leur mettait la misère au foot, le soir, ils nous mettaient la misère sur scène. De fil en aiguille à coudre, on a sympathisé, et puis, quand on a pondu la chanson « Music has taken a back seat to the haircut », on s’est dit que c’était des paroles que Big D auraient pu écrire….et que le côté roots (ils venaient de sortir leur skeud dub »salem girls ») leur plairait. Donc on a envoyé un mail à Sean, avec qui on était en contact. On a envoyé la chanson, avec les paroles et on leur a dit « si vous êtes inspiré, allez-y les gars ». Dave a écrit ses propres paroles, mis son grain de sel, posé son riddim, et quand on a reçu le truc, on était sur le cul. On a surkiffé. J’ajoute qu’on a un second featuring, les cuivres des Caméléons, un groupe qu’on a dore aussi, et avec qui on a partagé plusieurs fois l’affiche. On leur a proposé de faire un nouvel arrangement sur une vieille chanson « Chalk It Up To The Experience », qu’on a  dû jouer 250 fois…ça apportait un peu de fraîcheur, et ce qu’ils nous on pondu était excellent aussi. J’ajoute que ces featurings sont le fruit d’une amitié, d’échanges et d’un réel investissement humain et en aucun cas ils n’ont été pensés dans une optique économique ou commerciale. De toutes façon, on n’a pas de distributeur….

Vous tournez la plupart du temps comme de fous furieux, comment arrivez-vous à gérer ça avec tous les musiciens ? Que faites vous dans la vie en dehors du groupe ?
On tourne le plus souvent, dès qu’on nous le demande, dans l’idéal, on est un groupe VSD (on joue le vendredi, samedi dimanche), et « de vacances », donc une semaine en février, 2 semaines en avril et 4 en juillet. Ça fait beaucoup, mais c’est la raison d’être du groupe : le live. Même si on est pas des musiciens formidables, ce qu’aime le public je crois, c’est la performance. On est sur scène, heureux, souriant, suant, à fond, « au taquet » dirait notre bassiste Olive, et c’est ça qui compte. Les gens aiment, ou pas. Nous on fait ce qu’on aime. La moitié de P.O.BOX use ses fonds de culotte à la fac, l’autre moitié travaille dans le domaine culturel ou éducatif.

On sait que votre guitariste reste dégoûté de s’être fait battre au nombre de secondes sous la pompe (à bière) par un de nos musiciens lors d’un concert mémorable à Boismont (F). il s’en est remis ?
Là tu touches un point important de l’entité P.O.BOX. La fête. Une partie d’entre-nous aime bien boire des bonnes bières, en discutant, en rencontrant des gens, etc. Le problème qu’il y a avec l’événement auquel tu fais référence, c’est un problème de quantité/qualité. Si ça avait été de la bonne bière, on aurait gagné. Haut la main. Jay passait les 20 secondes sous la pompe. Mais les belges sont bons qu’à boire de la pisse (type bière française), alors qu’ils ont les meilleures bières du monde. Je te fais pas de dessin ? Haha.

Comment vous tuez le temps sur la route en tournée ?
Voir question précédente. Sinon, on a joué au poker dernièrement, on aime bien aussi le tarot, mais Olive triche trop, donc, on va arrêter d’y jouer je pense. Sinon, on compose parfois (Seb et Jay surtout), on visite (Yul est amateur d’art), on fait du shopping, on écrit, on lit, et souvent quand même on dort. Des fois, on se masturbe. Mais des fois seulement.

Vous êtes un des groupes français a avoir foulé le plus de scènes étrangères. Pourtant, on a pas vraiment l’impression que votre impact en France est  pas aussi important que dans certains pays étrangers (comme chez nous par exemple…) Comment expliquez vous ça ?
Par l’expression française « nul n’est prophète en son pays ». Par ailleurs,
la France, n’est pas un pays rock au sens musical du terme. Le rap et la chanson française sont bien mieux représentés médiatiquement. Et puis, le rock, souvent c’est chanté en anglais, et ça les décideurs, programmateurs, producteurs, ils n’aiment pas bien (comme les cuivres, c’est banni des radios). Aussi, la France n’a pas une culture du Live comme on peut l’avoir en Belgique ou en Allemagne.

Quelles ont été vos meilleurs rencontres musicales ?
Personnellement, Streetlight Manifesto. D’autres te diront Big D and the Kids Table évidemment, les Caméléons aussi. Capdown est pas loin aussi, même si on a pas vraiment discuté en profondeur avec eux.

Racontez-nous votre meilleur concert Poulycroc ou Wash Out Test.
Aïe. Ce serait plus simple de te raconter le pire. C’était un 10 septembre… Non plus sérieusement, le meilleur concert Poulycroc qu’on ait vu, c’était au Ath Rock Festival je crois. Des dingues ! On a vu plein de 15 partout ! Ils ont inventé aussi le terme de FRIGOBOX, et ça c’est drôle.

Pourriez-vous faire un choix entre les propositions suivantes et nous dire pourquoi :

Bière ou gonzesse ?
On est obligé de choisir, sérieux ?

Gros festivals ou concerts en clubs ?
Petits clubs de 150 personnes au taquet. Sans hésitation.

France ou Belgique ?
Belgique

Votre trompettiste a des tendance à  « l’amnésie scénique » sous l’effet de l’alcool. C’est pas trop difficile à gérer lors des concerts ?
Si.

Si vous deviez faire un « top 5 » des groupes Belges avec qui vous avez déjà partagé l’affiche, quel serait votre classement ? (Il est interdit de mentionner Poulycroc ou Wash Out Test dans votre liste bande de frotte-balles !)
5days Off forcément, Pick on the fat kids, Gino’s Eyeball, Hangin’ Out, Silly Snails, pour leur tube énorme “la fouine masquée” qu’on écoute régulièrement bourrés dans le van…(attention, seul le conducteur est sobre)

Quel sont vos projets pour cette année ?
Faire 70 concerts, 7 semaines de tournées et découvrir de nouveaux pays et composer. Stabiliser le groupe avec notre nouveau batteur. Vendre tous nos albums (il n’en reste plus que 300 sur les 1000 pressés), rembourser nos dettes… Jouer plus souvent en France… S’améliorer en tant que musicien.

Et dans 5 ans, vous vous voyez où ?
En haut de l’affiche.

On vous laisse le mot de la fin :
Faim.


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